Cher Patron, Je t’écris ce petit mot pour te dire de ne pas tenir compte de mes nombreux messages de la nuit dernière. Le réveillon a été un peu compliqué. J’étais avec des amis, et comme j’ai récupéré la cave de mon ex-mari qui déménage nous avons entrepris de célébrer la nouvelle année avec panache. Je crains de m’être laissé un peu déborder par mon enthousiaste éthylique. Les mots ont largement dépassé ma pensée. Donc bien entendu, je suis certaine que tu ne m’as pas prise au sérieux, quand je t’ai écrit que tu avais une tête de gland avarié (21 h 45 – Gigondas-château Raspail, 2009). Tu n’es pas du tout avarié, tu es un patron sympathique et très frais. Si si. De la même manière, j’en suis sûre, tu n’as pas les noisettes atrophiées ni la bistouquette en queue de castor (22 h 23 – Côte du Roussillon, 2009). Et même dans l’éventualité où ces deux hypothèses se rapprochaient d’une vérité quelconque, ce ne sera jamais un critère déterminant dans la qualité de notre relation professionnelle ; sache que j’apprécie beaucoup de travailler avec toi, dans tous les cas. Nous sommes également bien d’accord, mon conseil de 23 h 55 (Corbières, domaine de Haute Fontaine, 2009) de te mettre au cul mon contrat de travail, ainsi que ta collection de stylos MontBlanc n’est pas une réelle injonction. Pas même une suggestion. Enfin… Je veux dire, je ne t’empêche pas, bien entendu, tu fais ce que tu veux et je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas. Il est bien entendu que si tu as envie de faire des expériences avec tes stylos MontBlanc dans ton fondement le plus intime, heu… Tu en fais l’usage que tu veux… Bref, c’est toi qui vois. Je voudrais aussi que tu saches que c’est pure supputation et supposition malveillante de ma part, ce message idiot que je t’ai envoyé à 00 h 45 (Vacqueyras, Château des Roques, 2007), et qui faisait référence au fait que tu portes des slips en dentelles sous ton costume. Je disais ça comme ça. Je n’en sais rien et je suis quasi sûre que c’est faux. D’autant plus que, si ça se trouve, ça te va très bien. Je voulais préciser aussi que c’était juste une blagounette stupide, en vérité, moi j’en sais rien, si tes associés, ils te s****** pendant que tu leur introduis un g** dans le c** et qu’il se s********** entre eux…. Franchement, comment pourrais-je savoir un truc pareil, vous fermez toujours la porte quand vous êtes en réunion et, même en collant mon oreille, j’arrive jamais rien à entendre (3 h 57, mélange de Costière de Nîmes et de côtes du Ventoux…). Bref, voilà cher patron, j’espère que tu ne te formaliseras pas de mes quelques taquineries épistolaires… C’est la faute aux virus aussi, avec leur fin du monde à la con. Je suis sincèrement désolée, encore une fois. Je te laisse, j’ai plein de choses à faire : je dois encore écrire des lettres d’excuses à monsieur René Bisson, mon dentiste, au receveur-chef des impôts, à monsieur Baravel, prof de maths au Lycée Charles de Foucauld en 1982, à Mat Pokora, Miss France, Pascal Praud et Emmanuel Macron.
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