Diane de Poitier et le stagiaire de Konbini

Je me demande ce que j’ai le plus apprécié, dans ce Diane de Poitiers diffusé hier soir sur le service public : Le petit robot dans la séquence de début, Joey Star en comte breton (à base de po po pop poooop) qui dit à François 1er « c’est chiant sir », Depardieu qui lance un « celles et ceux » digne des meilleurs meetings macroniens, le grand inquisiteur qui hurle « Mais madame, les âmes n’ont pas de sexe et pas de genre ! » ou bien un noble de la cour qui dit « Hey, François, y’a Diane ».
Les dialogues ont dû été écrit par un stagiaire de chez Konbini, je ne vois pas d’autre possibilité.
Il parait qu’Isabelle Adjani, qui a approximativement entre 35 et 75 ans a refusé les retouches numériques. Effectivement, on voit mal ce qu’il reste à retoucher sur des traits figés comme un masque de cire dans lequel seuls les cheveux restent mobiles. Trop mobiles d’ailleurs. Les mèches sur le visage, tout le temps, c’est agaçant. (la stagiaire coiffure devait être en train de se taper le stagiaire de Konbini)
Tout le long, Adjani, qu’on a connue si géniale et inspirée, écarquille les yeux, minaude, susurre son texte d’une petite voix plaintive, qui cadre mal avec l’ardente et passionnée Diane de Poitiers de l’histoire. (le stagiaire de Konbini écrirait plutôt « Diane de Poitiers, en vrai, c’était une Badass ).
Tout le budget est passé dans les costumes d’Adjani, à mi-chemin entre les robes de la méchante reine dans Alice au pays des merveilles, le Cirque du Soleil et le bal masqué de la compagnie créole ohé ohé. Les autres acteurs gardent la même tenue tout le temps, c’est pratique pour les reconnaitre : le roi en rouge, sa sœur en jaune, etc. La pauvre Virginie Ledoyen, teinte en blonde et engoncée dans une vilaine robe verte, ressemble à un citron sur une feuille de salade. On comprend qu’elle soit dévorée de jalousie (le stagiaire de Konbini dirait : elle est trop vénère la meuf).
Je ne peux pas vous parler des prestations des Depardieu père et fille, car j’ai dormi durant leurs scènes. Comme j’aime beaucoup ces deux-là, je crois que c’est préférable, car, dans un souci d’équité et d’inclusivité, tous les acteurs semblent s’être mis d’accord pour jouer affreusement mal.
Henri, le jeune futur roi qui est censé avoir 14 ans au début de sa rencontre avec Diane est un solide gaillard barbu de 35 ans. L’alchimie entre eux est aussi évidente et torride qu’une rencontre entre Angela Merkel et le rappeur Jul (le stagiaire de Konbini valide cette comparaison).
Voilà. Ça s’appelle « Diane, la presque reine ». C’est fait par Josée Dayan, celle qui tourne la série « Capitaine Marleau » et à ce niveau de naufrage, je me demande si Corinne Masiero n’aurait pas été meilleure dans le rôle-titre.
La réalisation se situe entre le théâtre filmé de l’ORTF et le Palmashow; le spectateur se situe entre la consternation et le fou rire nerveux.
(le stagiaire de Konbini écrirait « C’est l’histoire d’une boomer un peu chelou qui veut ken un BG mais en vrai, du coup, c’est une grosse gênance)

Articles recommandés

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *